
Arrête de regretter l'achat immobilier que vous n'avez pas fait à 25 ans. Vous n'êtes pas en retard. Vous allez à votre rythme.
Cette phrase résume un sentiment partagé par des milliers de primo-accédants aujourd'hui. Parce qu'elle touche quelque chose de profond : le regret immobilier. Ce sentiment lancinant qu'on a « raté le bon moment », qu'on « aurait dû » acheter quand c'était moins cher, quand les conditions étaient différentes, quand on avait moins de responsabilités.
Entre les études, les changements de jobs et de vie, l'inflation, les imprévus, les crédits conso, l'augmentation des prix dans l'immobilier, acheter sa résidence principale est plus complexe que pour nos parents. Et c'est normal.
L'âge du premier achat immobilier en 2026 : 37 à 38 ans, la nouvelle normale
En 2026, le profil moyen du primo-accédant a radicalement changé. Il n'a plus 28 ans et un CDI pérenne dans la boîte de son père. Selon les dernières études, l'âge moyen du premier achat immobilier atteint désormais 37 à 38 ans. Les primo-accédants présentent un parcours professionnel hétéroclite, souvent un prêt étudiant qui traîne, et une vision de la vie qui privilégie l'expérience avant l'ancrage.
Beaucoup remboursent leur prêt étudiant jusqu'à 40 ans. Les études sont plus longues, les premiers pas professionnels plus précaires, les mobilités géographiques plus fréquentes. Fixer ses valises à 25 ans dans un appartement acheté n'est tout simplement pas compatible avec la trajectoire de vie d'une grande partie de la génération actuelle.
Pourquoi les primo-accédants achètent de plus en plus tard
- Les études supérieures durent en moyenne 2 à 3 ans de plus qu'il y a 30 ans
- Le prêt étudiant pèse sur la capacité d'emprunt immobilier pendant des années
- La mobilité professionnelle est devenue la norme : 3 à 5 changements d'employeur avant 35 ans
- L'inflation a grignoté l'épargne et les prix immobiliers ont explosé (+35 % à Paris en 10 ans)
- Les mentalités ont changé : la liberté de mouvement prime souvent sur la stabilité géographique
Ne pas avoir acheté à 25 ans n'est pas un échec personnel. C'est le reflet d'un environnement économique et social qui a profondément changé. Et reconnaître ce contexte, c'est déjà se libérer d'une partie du poids du regret immobilier.
Mon histoire de courtier : pourquoi je ne regrette pas de ne pas avoir acheté à Villeneuve-Loubet quand j'habitais à Paris
Moi aussi, j'ai connu le regret de ne pas avoir acheté mon appartement à Villeneuve-Loubet quand j'habitais à Paris. Salaire élevé, épargne suffisante, j'aurais pu acheter un bien avec un crédit à 1 % et à un prix bien plus bas qu'aujourd'hui. Le louer pendant que je bossais sur place. Construire un patrimoine dès la trentaine. Sauf que je ne l'ai pas fait.
Avec le recul, c'est une des meilleures décisions que j'ai prises. Je n'aurais jamais osé changer de vie et devenir courtier en crédit immobilier si j'avais été propriétaire à Villeneuve-Loubet. J'aurais été « coincée » par mon bien, par mon crédit, par cette voix qui dit « vous ne peux pas tout plaquer, vous avez un appartement ».
Devenir courtier immobilier à Nice, accompagner des femmes et des entrepreneures à obtenir leur financement, vivre entre deux couchers de soleil et un matcha — rien de tout cela n'aurait existé si j'avais signé ce compromis il y a dix ans.

Le regret immobilier : un sentiment normal dans un marché tendu
Vous entendez souvent : « il fallait acheter en 2019 », « c'était plus facile en 2021 », « Paris était encore abordable en 2015 ». C'est facile, avec le recul. Mais à l'époque, ces mêmes personnes te disaient peut-être que les prix allaient baisser, que la bulle allait éclater, que ce n'était pas le bon moment.
Le timing immobilier parfait n'existe pas. Il n'y a que VOTRE timing. Celui qui correspond à votre vie, à vos revenus stables, à votre situation familiale, à votre zone géographique choisie, à votre envie profonde de poser vos valises. Acheter quand tout le monde le fait, par peur de rater le train, c'est le meilleur moyen de faire un mauvais choix.
J'accompagne chaque semaine des femmes qui arrivent en rendez-vous avec cette anxiété : « je suis en retard », « tout le monde a déjà acheté », « mes parents avaient déjà un appart à mon âge ». Et à chaque fois, on refait le calcul ensemble. Leur situation actuelle. Leur vraie capacité d'emprunt. Leur projet de vie. Et à chaque fois, on se rend compte qu'elles sont exactement là où il faut être.
Attendre pour acheter immobilier : les atouts que vous gagnez avec l'âge
Attendre ne veut pas dire perdre du temps. Ça veut dire accumuler des atouts que vous n'auriez pas eus à 25 ans pour votre premier achat immobilier.
- Un revenu plus élevé et plus stable, donc une meilleure capacité d'emprunt
- Une vision claire de où vous voulez vivre — pas un choix dicté par votre premier job
- Un réseau professionnel solide qui peut vous ouvrir des opportunités (banques, notaires, agents)
- La maturité pour négocier sereinement, sans panique
- Un projet de vie structuré : couple, enfants, indépendance, télétravail…
- L'expérience de gérer un budget, un crédit conso, un loyer — la banque voit votre historique
Un revenu plus stable et un dossier mieux valorisé
À 37 ou 38 ans, vous avez généralement un salaire plus élevé qu'à 25 ans. Cela se traduit directement par une meilleure capacité d'emprunt et un dossier mieux valorisé par les banques. Les établissements font confiance aux profils installés, et cela ouvre des marges de négociation qu'une jeune primo-accédante n'aurait pas eues.
Une vision claire de votre lieu de vie
À 25 ans, on achète souvent là où on travaille. À 37 ans, on sait où on veut VIVRE. Nice, Cannes, Antibes, ou un autre coin de la Côte d'Azur — le choix est guidé par l'envie, pas par la contrainte professionnelle. Et ça change tout dans la satisfaction de l'achat immobilier.
La maturité pour négocier sans panique
Le stress de l'achat immobilier peut pousser à des décisions précipitées. Avec l'âge et l'expérience, vous négociez mieux votre crédit immobilier, vous prenez le temps de comparer les offres, vous ne cèdes pas à la pression du vendeur ou de l'agent immobilier.

Avant d'acheter : les 5 questions à se poser absolument
Plutôt que de te demander « pourquoi je n'ai pas acheté plus tôt », pose-vous ces questions avant votre premier achat immobilier :
- Est-ce que mon revenu actuel me permet d'emprunter sereinement sans me mettre en tension ?
- Est-ce que je sais où je veux vivre dans 5 à 10 ans ?
- Est-ce que mon apport me laisse un coussin de sécurité après l'achat ?
- Est-ce que mon projet professionnel est compatible avec une localisation fixe ?
- Est-ce que j'achète par envie réelle ou par peur de rater quelque chose ?
Si vous répondez « oui » aux quatre premières et que la cinquième te fait réfléchir, c'est peut-être le moment. Si plusieurs réponses sont « non », c'est que votre timing n'est pas encore là — et ce n'est absolument pas un problème.
Comment arrêter de se comparer et trouver son propre rythme
Chaque situation est unique. Votre cousine a acheté à 27 ans ? Bien pour elle. Votre collègue vient de signer un compromis ? Parfait. Vous, vous n'êtes pas là encore ? C'est aussi bien. La comparaison est le voleur de joie — et en immobilier, elle peut aussi être le voleur de bonnes décisions.
Ce que je dis à toutes les femmes que j'accompagne dans leur achat immobilier : le meilleur moment pour acheter, c'est quand votre projet est clair, votre capacité d'emprunt est réelle, et votre envie est sincère. Pas quand les autres le font. Pas quand le marché s'agite. Pas quand vous avez peur que ça ne soit « trop tard ».
Entre deux couchers de soleil et un matcha, je transforme les rêves en projet immobilier. Mais le premier pas, c'est toujours le même : accepter que votre rythme est le bon.
Préparer son achat immobilier : 5 actions concrètes dès aujourd'hui
- Faire le point sur votre situation : revenus, crédits en cours, épargne mobilisable
- Calculer votre vraie capacité d'emprunt avec un simulateur réaliste
- Identifier 2 ou 3 zones géographiques qui correspondent à votre projet de vie
- Prendre rendez-vous avec un courtier pour une étude personnalisée — c'est gratuit et sans engagement
- Arrêter de suivre les comptes qui te font culpabiliser de ne pas être propriétaire
Vous avez déjà regretté de ne pas avoir acheté plus tôt ? C'est le moment de transformer ce regret immobilier en action. Pas en achat précipité — en stratégie. Parce que le vrai retard, ce n'est pas l'âge auquel vous achetez. C'est le temps que vous passez à te comparer au lieu de construire votre projet.